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Bébé refuse de manger

"C’est vraiment la bataille pour le faire manger tous les soirs !"


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Le déni de grossesse

Le déni de grossesse est un mécanisme de défense. Il s’agit d’une non prise de conscience de l’état d’être enceinte. En niant la réalité, le Sujet psychique évite de contacter sa souffrance, il se place au-delà et se protège de son angoisse. Le déni n’est pas réservé à un milieu social particulier et à un contexte familial défini. Tous les milieux sociaux, toutes les tranches d’âges et toutes les constructions conjugales sont représentés.

Quant aux pères qui sont présents dans plus de 50% des cas, ils sont particulièrement perturbés à l’annonce, vécue comme un choc. Ils se sentent le plus souvent trahis, retournant l’agressivité qui les envahit sur leurs femmes qu’ils pensent dissimulatrices. Dans les cas de déni massif et, en particulier, ceux qui ont conduit à un infanticide, il est observé que le déni prend racine dans les liens précoces.
 

Le corps du déni

Le déni est capable d’inhiber les perceptions corporelles. Le corps de la femme pendant le déni ne se modifie pas. La femme garde une silhouette proche de celle qu’elle a habituellement. Son corps ne connaît pas les maux habituels de l’état de grossesse ; elle continue sa vie quotidienne.
 

Le lien mère-enfant après un déni partiel

Il est juste de rappeler que le déni de grossesse ne fait pas naître systématiquement d’affects destructeurs et agressifs vis-à-vis de l’enfant, comme nous avons tendance à le penser. D’ailleurs, pour les dénis partiels, qui sont levés dans le courant du deuxième trimestre, la phase de sidération passée, les femmes entrent en contact avec leur futur bébé. Mais si les interactions à la naissance sont réelles, elles alternent entre fusion et distance et demandent un soutien de réassurance en vue de permettre à la mère de se dégager de sa culpabilité.
 

Quelle prévention face au déni ?

La prévention en matière de déni, se situe dans la connaissance de ce phénomène mais aussi dans la volonté de lutter contre nos mythes et nos croyances sur la maternité idéalisée.
Il est donc question d’ouverture sur ces phénomènes que l’on juge étranges et accepter que le déni ne reste pas un tabou.

 

Texte écrit par Sophie Marinopoulos, psychanalyste, auteur de :
« Le corps bavard » Editions Fayard 2007
« 9 mois et cætera » Editions Fayard 2007, co-auteur Israël Nisand
« La vie ordinaire d’une mère meurtrière » Editions Fayard 2008

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